Sûreté de l'identité numérique

Alors que presque tout le monde maintenant possède une identité numérique (numéro de téléphone, mail, …) en plus d'une identité physique (nom, prénom, adresse) et en dépend de manière critique pour sa vie professionnelle et privée, les lois et les structures en place offrent toujours peu de garanties.

Téléphone

Ce n'est que récemment que l'on a le droit de conserver son numéro de téléphone en changeant d'opérateur, et en pratique j'ai toujours beaucoup d'amis qui changent de numéro. Ce peut être par paresse des procédures, ou pour cause de départ à l'étranger et donc de résiliation de contrat. Or il est surprenant que la gestion des numéros soit confiée aux opérateurs et serve de moyen de pression sur les clients. Il serait plus logique d'avoir deux services découplés, un pour les numéros, un autre pour les abonnements téléphoniques, le premier géré par l'État et le second par les entreprises de téléphonie. Libre ensuite à chacun d'associer son numéro au contrat téléphonique de son choix, voir à aucun contrat si on se retrouve expatrié temporairement, sachant que notre numéro nous appartiendra toujours au retour. C'est ainsi que fonctionne sur Internet l'attribution des noms de domaine, qui se fait indépendamment des hébergeurs.

Mail

On se rend compte souvent de l'importance du mail en entrant dans le monde du travail, où une adresse en pseudo@gmail.com ne passe plus sur un CV et où l'on est parfois contraint, à raison, d'utiliser le service mails de l'entreprise. Notre boîte mail contenant une part importante de notre vie professionnelle et surtout privée, il est malsain et dangereux de faire confiance à n'importe qui, notamment en passant par une entreprise n'étant pas sous juridiction française, quand bien même le service soit évidement proposé de manière gratuite. J'ai la chance de pouvoir héberger mes mails via le service de mon école, l'ENS, mais je crois que si tant de gens continuent d'utiliser des services comme Gmail ou Hotmail c'est avant tout à cause d'un manque d'information et d'alternative. Là encore le service public aurait son rôle à jouer, en fournissant un service mails gratuit et en avertissant les jeunes via l'Éducation Nationale. Je tiens d'ailleurs à saluer le travail de Jacques Beigbeder en ce sens.

Noms de domaine

Enfin, l'usage de noms de domaine reste encore réservé à une niche de connaisseurs. Même si je comprends que tout le monde ne veuille pas héberger son propre site web, il est pourtant très simple de les utiliser pour mettre en place des redirections mails et par exemple de disposer d'une adresse prénom@nom.fr pour toute sa famille. L'obscurité qui se cache derrière la gestion d'un nom de domaine pourrait facilement être supprimée par une formation spécifique à l'école, et on pourrait voir fleurir des services permettant de facilement mettre en place sa page personnelle. Les gens ne seraient plus contraints d'utiliser Facebook ou des hébergeurs de blog comme wordpress.com, gardant ainsi la souveraineté sur leurs données. Cependant, il y a aussi le problème de la saturation des NDD, tout le monde ne pouvant pas posséder son propre nom.fr. Il faudrait alors réfléchir à l'attribution des prénom.nom.nom.fr ou prénom.nom.name.fr, gratuitement ou pour une somme symbolique, à toutes les personnes le désirant, voire à la naissance en ajoutant les deuxièmes prénoms pour éviter les homonymes.

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